Forts de 48% des votes et du soutien du collectif SMU2026, les 7 élus d'opposition de la municipalité de Saint-Martin d'Uriage tiendront ici les citoyens au courant de l'actualité municipale et du rôle de l'opposition
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Élus d’opposition municipale du groupe « solidaire et durable », nous souhaitons contribuer au débat sur les affaires communales tout au long de ce nouveau mandat. Dans ce but, nous publierons un compte-rendu de chaque conseil municipal. Les documents préparatoires (ordre du jour, projets de délibération...) aux Conseils Municipaux sont disponibles pour tous les habitants sur le site de la Mairie et les enregistrements vidéo de ces conseils sont visibles sur la chaîne Youtube de la commune et depuis le site de la mairie.
Conseil Municipal du 20 Mai 2026
Nous disposions des mêmes informations que tous les habitants, via le site de la Mairie (pas moins, pas plus) et avons préparé attentivement ce conseil avec ces informations.
Sur les 14 délibérations, nous avons voté "pour" 8 fois, "contre" 2 fois et nous nous sommes abstenus 2 fois. Nos votes ont toujours résulté d'une lecture précise des documents préparatoires et des réponses apportées par la majorité aux questions que nous avons posées en séance.
- Création de « comités consultatifs » : Nous avons voté "contre" la délibération 53 sur la création des comités consultatifs : si nous soutenons la démarche de participation citoyenne, nous regrettons que la majorité piétine le principe fondamental de toute démocratie représentative consistant à garantir des débats sereins avec les groupes d'opposition. Or l'absence de commissions municipales et l'absence explicite d'élus d'opposition dans la composition de ces Comités Consultatifs ne permettent pas ce débat serein. La majorité municipale nous a informés que nous étions légitimes à candidater au titre de "etc.…" indiqué dans la délibération. Cela montre le peu d'égards pour notre groupe, les 48% des voix obtenues lors des élections et le choix reste soumis in fine à la décision du Maire.
- Nous avons voté "contre" la délibération 60 sur le règlement budgétaire et financier qui organise la vie financière de la commune. Pas d'opposition de principe sur ce règlement. Mais en l'état, ce document comportait de trop nombreuses erreurs, approximations et manquements pour que nous puissions nous exprimer valablement. Il nous paraît d'ailleurs invraisemblable que cette délibération ait pu être votée en l’état. Il nous semblait plus raisonnable de la retirer pour lui donner le temps d'une meilleure préparation ; ce n’est pas le choix qui a été fait
Enfin, le sujet majeur a été la remise en cause du projet du Luiset, qui n'était pourtant pas à l'ordre du jour du conseil municipal, mais qui s’y est invité avec force. D’abord par une intervention liminaire du maire en début de conseil (sans intervention autre donc) pour tenter de répondre aux inquiétudes qui remontent des habitants. Les arguments étaient ceux de la communication du jour même sur Facebook de la commune. L'équipe majoritaire souhaite repenser l'ensemble de ce projet. Il s’agit d'un premier acte politique fort, non explicitement exposé par la liste majoritaire pendant la campagne (liste qui s'était même explicitement prononcée en faveur "du projet de Maison Médicale porté par les Professionnels de Santé" dans leur tract d'entre-deux-tours !).
Nous nous sommes exprimés en fin de Conseil (voir le texte de notre intervention, ainsi qu'une note qui résume notre analyse détaillée de la situation. Notre intervention a été suivie de nombreux échanges, parfois vifs, entre la majorité et les différentes parties présentes tout au long du conseil : le promoteur (Damien Fessler), certains professionnels de santé, des habitants. Le promoteur, d'abord surpris par ce revirement de la mairie, se veut constructif et accepte d'entrer en négociation. Mais les délais sont extrêmement serrés (il est question de jours) et il exige qu'un protocole d'accord soit trouvé d'ici le prochain CM (le 19 juin), faute de quoi il engagera tous les recours en justice qu'il jugera nécessaires. De leur côté, les professionnels de santé font valoir que si la Maison de Santé ne se fait pas conformément au projet (c'est-à-dire dans la Maison des Tilleuls et selon le calendrier prévu), elle ne survivra pas : les médecins (et d'autres praticiens) partiront sans doute et tout le projet, pourtant longuement et minutieusement élaboré, disparaitra. Les professionnels qui ont pris la parole ont rappelé le travail important mené les 5 dernières années et leur engagement tant professionnel que personnel et financier. Le rapport et l'avis du commissaire enquêteur sont disponibles ici.
Pour seule réponse, la majorité indique qu'elle a bien toutes ces contraintes en tête mais n'a indiqué aucune piste pour un projet alternatif. Si elle a réaffirmé son souhait d'une maison médicale et d'un habitat partagé pour les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives, elle n'a jamais été explicite et claire sur les lieux et sur un calendrier. Elle a, en revanche, été très claire sur un point : le projet actuel prévoit selon elle trop de logements. La majorité ne semble pas souhaiter mener une politique logement volontariste en direction des nouvelles familles aux revenus incompatibles avec les prix actuels pratiqués sur la commune. Nous nous opposons à cette vision étroite et continuerons de défendre le projet du Luiset dans sa définition initiale : une maison de santé, un habitat partagé La Chaumière de 8 résidents, 21 logements (4 logements en accession sociale, 8 en locatif social et 9 en accession libre), un espace de stationnement de 22 places avec circulation repensée du quartier, 1 parvis avec accessibilité PMR à l'école Notre Dame et un espace vert public.
Quelques remarques en conclusion de ce premier compte rendu :
Les conseils se déroulent dans un climat de tension très vif. Les affrontements de campagne électorale devraient pourtant pouvoir s'effacer au profit d'un débat constructif et serein, auquel nous continuons d'espérer pouvoir contribuer. L’absence actuelle de toute instance de concertation, réflexion commune à tous les élus se fait cruellement sentir, rendant le conseil seul réceptacle de tous les échanges. Certes une collation partagée en fin de conseil aura été l'occasion de discussions que nous espérons prometteuses.
Conseil Municipal du 19 Juin 2026
Lors de la préparation par notre groupe du conseil municipal le lundi 15 juin (réception des documents vendredi 12), nous avons décidé :
- de prévenir sans délai les services des coquilles détectées dans les documents transmis,
- de demander des compléments d’information sur le budget supplémentaire et les recrutements d’agents,
- d’envoyer nos questions de fin de conseil, afin de permettre aux élus de préparer leurs interventions.
Par ces actions nous espérions un déroulement plus coopératif du conseil. Il n’en a rien été. Le conseil s’est déroulé dans un climat d’agressivité peu respectueux de nos personnes et de la démocratie.
Notre première difficulté a été de découvrir des documents en séance qui n’étaient pas les mêmes que ceux sur lesquels nous avions travaillé. L’ordre des délibérations avait aussi été modifié.
Sur les 22 délibérations, nous avons voté « pour » 20 fois et « contre » 2 fois. Les réponses apportées par les adjoints durant la séance n’ont pas été de nature à nous faire changer de position.
Créations et suppressions de postes – délibération 068/2026 :
- Depuis son arrivée dans la commune en 2024, la Directrice générale des services (DGS) avait pour mission de faire sa propre analyse du fonctionnement des services en s’appuyant sur les diagnostics réalisés les années précédentes et de proposer une organisation plus opérationnelle de l’administration. Cette délibération est donc l’aboutissement de ce travail. Cependant, dans ce nouvel organigramme, les élus en fonction lors du mandat précédent retrouvent peu de choses de la déclinaison des problématiques identifiées lors du diagnostic.
- Six postes d’encadrement et un poste d’exécution sont créés, trois postes d’exécution et un poste d’encadrement sont supprimés. Certains postes d’encadrement sont des postes sans service associé. Le modèle proposé est celui d’une administration qui renforce les directions aux dépens des moyens d’actions dans les services. Selon Marieke Buntinx, 1ère adjointe, il s’agit d’une première réorganisation de la structure. À l’analyse de l’organigramme cible, nous voyons effectivement apparaître six autres embauches, qui ne nous ont pas été précisément expliquées. Cela nous semble exagéré vu la taille de notre commune et complètement en décalage avec la nécessité de réduire le cloisonnement des services et d’améliorer la productivité des interventions sur le terrain, réclamées par la population.
- De plus, aucune évaluation de l’impact financier n’est associée à la création de ces postes. Si l’on nous a répondu qu’aucun impact ne se ferait sentir en 2026 (du fait des vacances de postes, des arrêts de travail…), aucun chiffre ne nous a été communiqué pour les années suivantes, sachant que ces embauches sont en principe des embauches de fonctionnaires, donc de long terme. Il est à noter que lors du CA du CCAS, le lendemain, il a été dit que la création de poste était déjà budgétée en 2026 par l’augmentation de la subvention de fonctionnement octroyée par la commune.
=> Nous avons donc voté contre cette délibération.
Budget supplémentaire – délibération 079/2026 :
- Alors qu’il a été reproché au bilan du mandat 2020-2026 une ambition insuffisante dans la rénovation des équipements publics, et notamment de l’école de Pinet, le budget supplémentaire ne prévoit d'ajouter que 20 000€ de plus au budget initial de 780 000€, alors qu’une réserve de plus de 3 M€ va dormir à la Mairie.
- Des projets engagés et budgétés pour des améliorations, notamment celle du système de chauffage de l’extension de l’école des Petites Maisons, semblent ajournés, au motif que les études réalisées par les services techniques ne donnent pas satisfaction à l’exécutif et seront reprises avec le concours de la DGS.
- De plus, les réponses apportées sur l’évaluation de l’impact des recrutements sur le budget n’ont pas été convaincantes et n’ont donné aucune perspective à long terme.
=> Nous avons donc voté contre cette délibération.
Ce conseil très agressif et méprisant envers les 4 élus de l’opposition présents nous amène à nous interroger sur notre place en tant qu’opposition. Nous ne disposons toujours d’aucun espace d’échange avec la majorité en dehors des séances du conseil municipal. Les questions légitimes que nous posons sont systématiquement interprétées comme des attaques. Nous nous interrogeons sur le rôle que veut nous assigner l’équipe majoritaire : des élus muets ? Nous espérons sincèrement que la qualité des échanges va s’améliorer, au bénéfice de tous les habitants de la commune.
Conseil Municipal du 8 Juillet 2026
Ce conseil s’est déroulé dans un climat moins tendu que le précédent, et nous n’avons pas relevé les irrégularités dans un souci d’apaisement.
Nous avons découvert 2 délibérations supplémentaires à notre arrivée, l’une relative à un éboulement en bas de la route de Villeneuve nécessitant une délibération rapide et une autre sur la création d’une zone d’observation sur l’Espace naturel sensible du Marais des Seiglières et des Marais chauds. Ce n’est pas un exercice facile de prendre connaissance en séance de délibérations et de se positionner pour voter. Si nous comprenons l’urgence de la première délibération, nous avons été étonnés par la deuxième, mais cette création, engagée et réfléchie lors du mandat précédent, est un outil très intéressant pour accompagner la résilience de la forêt.
Sur les 13 délibérations, nous avons voté « pour » 11 fois, « contre » 1 fois et nous nous sommes abstenus 1 fois.
Délibération 090/2026 : Tarifs des services du pôle éducation enfance jeunesse
- Le tarif à 1 € est étendu jusqu’au quotient familial de 1000 (au lieu de 760 auparavant), ce qui permet à 30 familles, en plus des 38 déjà concernées, de bénéficier d’un tarif très accessible. Nous nous réjouissons que l’extension de cette aide apportée par l’État soit répercutée par la commune.
- Cependant, il nous semble qu’il aurait fallu travailler à la réduction de l’effet de seuil pour les familles du QF de 1001 qui vont payer 4,83 € le repas.
- De plus, il n’y a aucune proposition non plus sur le plafond à 9,95 € pour les familles au-dessus du QF 2134, alors que ce sujet est revenu très fréquemment durant la campagne, avec un engagement de l’équipe majoritaire, nous semble-il.
=> Nous nous sommes donc abstenus.
Délibération 096/2026 : Protocole d’accord transactionnel avec la société PIC Réalisations
- Le projet complet initial, remis en question par la nouvelle équipe, comprenait une maison médicale, un habitat partagé La Chaumière pour 8 malades de type « Alzheimer », 21 logements (9 en accession libre et 12 en accession ou locatif social) et un espace public (aménagement paysager, parking, accessibilité de l’école Notre-Dame, …).
- Le protocole discuté lors de ce conseil ne concerne pas le lot (parking du Luiset) qui comprenait l’habitat partagé La Chaumière et 4 logements en accession sociale. Nous n’avons d’ailleurs pas obtenu de réponse précise sur cette partie du programme, si ce n’est que le "projet de La Chaumière pour 8 résidents serait réalisé pour 2028".
- Concernant le reste du projet, c’est à dire la maison médicale, les 17 logements et l’espace public, si l’aménagement de la maison médicale, de l’espace public et de 9 logements en accession libre est confirmé, on voit disparaître 6 logements à vocation sociale, remplacé par un terrain à bâtir, pour un projet de maison individuelle.
- Nous rappellons que la volonté d’accueillir de nouvelles familles et de loger des habitants de la commune avec des revenus plus modestes, notamment des seniors, était un objectif du projet initial. Pour cela, la commune a vendu le terrain au promoteur en dessous du prix de marché, afin de soutenir la construction de logements sociaux, qu’il est impossible d’équilibrer dans notre commune en raison du coût très éléve du foncier. Le projet initial complet permettait de construire la maison médicale, l’habitat partagé, l’espace public et les logements sans impacter les capacités d’investissement de la commune pour porter d’autres projets.
- A contrario, le protocole discuté lors de ce conseil permet au promoteur immobilier pour le même prix (sous-évalué) d’achat du foncier, non seulement de construire moins, mais aussi de vendre le terrain à bâtir au prix fort, probablement plus de 100 000 €.
- Le promoteur va aussi toucher 60 000 € pour compenser le préjudice qu’il subit du fait de la modification du programme immobilier.
- Aujourd’hui, c'est donc le promoteur immobilier qui sort gagnant des atermoiements de la nouvelle équipe municipale. Il faut reconnaître qu'il n’a pas ménagé son temps et ses efforts pour faire aboutir un projet au Luiset.
- On ne peut pas encore estimer le coût pour la commune en raison de l’incertitude pesant sur le reste du programme.
- Il est à noter que le nouveau projet ne respecte pas les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) du plan local d’urbanisme (PLU), qui restent bien sûr des orientations, donc non strictement contraignantes.
=> Nous avons voté contre ce projet qui certes sauvegarde la maison médicale mais qui réduit le nombre de logements sociaux au strict minimum défini dans le PLU et dont on ne voit pas comment il pourrait ne pas grever le budget communal.